Fiche d'élevage
THELODERMA CORTICALE


>Présentation:
La Theloderma corticale est une espèce au mimétisme très poussé et particulier: sa peau est faite d’une multitude d’excroissances et d’aspérités qui lui donnent un aspect de mousse et de lichen.
L’espèce vit dans les montagnes de Tam Dao (où elle a été redécouverte en 1995) et de Mao Son, dans le nord du Vietnam.
Les males de ces « mossy frogs » font entre 6 et 8 cm, les femelles peuvent atteindre 11 cm.
La coloration varie du vert clair au vert très foncé (presque noir), avec des pointes de rouge sur certaines excroissances. Les pelotes digitales sont bien développées pour une accroche efficace sur les rochers, les branches et les feuilles en dessous ou dessus de l’eau.
En effet, la T. corticale a un comportement unique au genre Theloderma: elles sont arboricoles, comme tout les Rhacophoridés, mais passent une bonne partie du temps dans l’eau. En journée elles peuvent dormir sur des branches parmi les mousses et ainsi profiter de leur camouflage parfait mais aussi totalement immergées. On les trouve souvent « collées » sur un rocher ou autre support, dans une mare ou un cours d'eau mais aussi dans une grotte ou dans le trou d'un tronc d'arbre remplit d'eau.
La nuit, elles sortent de l’eau pour monter dans la végétation et chasser tout les insectes qu’elles peuvent ingérer.
Un autre comportement particulier à observer: la simulation de mort. En cas d’attaque de prédateur (ou de manipulation en captivité), la grenouille va replier ses membres le long de son corps, se mettre sur le dos et ne plus bouger. Les prédateurs auront ainsi l'impression qu'elle est morte et se désintéresseront d'elle. Elle se remettra sur pattes et ira se cacher dès que le calme sera revenu.

>Installation:

-Taille du terrarium:
Il faut prévoir un MINIMUM de 60/45/60 pour un couple, plus de hauteur sera mieux.
-Décoration:
Il faudra utiliser tout le volume du terrarium. On mettra donc de solides lianes et autres branches en hauteur et à tout les niveaux du terrarium afin de créer des supports pour ces grenouilles arboricoles. L’ensemble devra supporter leurs sauts puissants et tenir compte de la taille assez importante que peut prendre l’espèce. En plus des branches, il faut prévoir des plantes solides (naturelles ou artificielles), telles que de l’Alocasia, du pothos…
Au niveau du sol, il faut installer une importante partie aquatique, les trois quarts environ de la surface (pas plus, elles vont de temps en temps au sol, et peuvent même y dormir) sur une dizaine de cm de prfondeur. L'eau sera filtrée et changée partiellement hebdomadairement pour une meilleure hygiène. Il faut prévoir des éléments tels que des racines et des roches qui sortiront de l'eau. Cela offrira des supports aux individus qui dormiront sous l’eau ou à moitié immergés et facilitera la sortie de la partie aquatique.
Des plantes aquatiques ne sont pas nécessaires mais peuvent être un plus pour la qualité de l’eau et pour l’esthétique.
Pour la partie terrestre émergée, on peut faire une couche de drain composée de billes d’argile pour désengorger un peu le substrat. Le drain est recouvert de moustiquaire ou de feutre horticole qui servira de support au substrat. La tourbe blonde est un bon substrat car elle est acide ce qui limite le développement des germes. On peut également choisir de la terre de coco qui retiens bien l'humidité ou un mélange des deux. Le tout est recouvert de mousse fraiche qui permettra de garder une bonne humidité.

-Température:
Dans leur milieu naturel, constitué de montagnes très humides et fraîches, il fait rarement plus de 25°C. Selon les saisons la température nocturne peut descendre jusqu’à 4°C.
En captivité, les Theloderma corticale résistent bien à différentes températures: de 5°C (saison fraîche) à 35°C. Ce maximum peut être toléré périodiquement mais est à éviter sur une longue durée.
Les températures idéales sont de 24°C en journée et de 20° la nuit. On peut faire une saison plus fraîche avec des températures jusqu’à 15° durant l’hiver, ce qui aura pour but d’aider à la reproduction quand les températures remonteront.
-Hygrométrie:
C’est simple: une grosse hygrométrie en permanence, de l’ordre de 85 à100%. On peut obtenir cette hygrométrie grâce à la grande partie aquatique et à des pluies régulières. on peut ici opter pour des pulvérisations automatiques (conseillée) ou manuelles.
-Eclairage:
Un simple néon (de type 2.0) allumé 11h par jour suffit. Les corticale sont nocturnes mais on peut observer un peu d’activité en journée.
>Nourriture:

C’est une espèce vorace, tout ce qui peut être avalé le sera. En captivité une alimentation à base de grillons est idéale (attention à bien nourrir les grillons pour un meilleur apport!) en diversifiant de temps en temps avec des criquets, des teignes de ruches (peu car gras), des limaces (je n’ai jamais tenté personnellement), etc...
Les proies sont à lâcher dans le terrarium deux à trois fois par semaine, les grenouilles chasseront à leur guise et les proies ne font souvent pas long feu.
>Reproduction:

Une fois acclimatée, l’espèce se reproduit assez bien et en quantité assez importante. En effet les pontes contiennent peu d'oeufs (10 à 25 oeufs) mais elles ont lieu presque en continuité.
Il y a peu de dimorphisme sexuel chez cette espèce, les deux sexes émettent des sons (attention, les femelles émettent des sons mais ne chantent pas), les mâles sont un petit plus petits mais ce n’est pas forcement un critère de sélection en présence d’une jeune femelle.
L'amplexus peut être plus ou moins long: entre 3 heures et plus d'une journée. Les œufs sont alors pondus un peu partout sur les éléments surplombant l’eau. Certains œufs peuvent être pondus, ou tomber directement dans l'eau, dans ce cas là le taux de réussite est un peu moins bons que pour les œufs pondus hors de l’eau.
Certains récupère les œufs et les mettent dans un fond d’eau (sur une boite de pétri par exemple), personnellement je préfère laisser les œufs "s’incuber " dans le terrarium des adultes. En effet, les œufs sont bien attachés sur leur support et les décoller peut abîmer sérieusement. De cette manière, on obtient de meilleurs résultats. De plus les parents n’y touchent pas. Je récupère ensuite les têtards au bout de leur troisième ou quatrième jour de sortie pour les transférer dans un petit aquarium avec une eau filtrée et chauffée à 25°C.



Le têtard se développe à l’intérieur de l’œuf puis sort entre 10 et 15 jours selon les paramètres, pour tomber directement dans l’eau. Attention à garder une très forte hygrométrie durant les pontes!
Le têtard va continuer son développement dans l’eau, la croissance est assez étonnante: le têtard fraîchement sortie de l’œuf fera 1,5 cm pour atteindre plus de 6,5 cm juste avant le développement des pattes!









Il est assez difficile de dire précisément la durée de développement du têtard de la ponte jusqu’à la transformation. Elle dépend de plusieurs paramètres tels que la température de l’eau , la qualité de celle-ci, la nourriture... J'’utilise personnellement des paillettes pour poissons herbivores, contenant de la spiruline et des vitamines. Le temps de transformation varie de 2 mois jusqu’à plus de 6 mois!
Vient ensuite le moment où le têtard à développé ses pattes (les postérieures puis les antérieures) et où il va sortir de l’eau: il faut bien veiller à lui permettre une sortie de l’eau facile, avec des éléments flottants comme des morceaux de liège ou des feuilles.
Les juvéniles sont à maintenir dans un terrarium de petite taille, installé comme pour des adultes (avec des éléments à la bonne échelle bien sur). Ici aussi le terrarium doit garder une très forte hygrométrie et une bonne partie aquatique. Les jeunes seront nourrit avec des micro grillons et des mouches tout les deux jours.
Voici un juvénile, une semaine après etre sorti de l'eau:

Attention! les juvéniles de corticale sont très sensible à la deshydratation et les pertes arrivent vite!

Merci à Marion Toussaint pour la rédaction de cette fiche.
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